Désherbage des joints : méthodes efficaces et erreurs à éviter

Entre pavés et dalles, les herbes indésirables reviennent chaque printemps avec une obstination décourageante. Tour d'horizon des techniques qui tiennent leurs promesses, de celles qu'il vaut mieux oublier, et des gestes simples pour espacer durablement les corvées.

par Pierre de Villambre
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Le désherbage des joints commence dès les premiers jours du printemps, quand les premières pousses vertes s’infiltrent entre les pavés et transforment une terrasse soignée, une allée de jardin ou une entrée de garage en source d’agacement. C’est une tâche qui ne prend jamais vraiment fin, mais entre les joints, elle est particulièrement fastidieuse. Voici quelles méthodes fonctionnent vraiment, lesquelles sont efficaces mais interdites par la loi — et comment régler le problème durablement avec un peu de méthode.

Grattoir et couteau de cuisine : la méthode mécanique

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En jardinerie ou en grande surface de bricolage, vous trouverez des grattoirs à joints spécialement conçus pour cet usage. Si vous ne souhaitez pas investir dans un nouvel outil, un vieux couteau de cuisine fait très bien l’affaire. Le grand avantage : vous pénétrez profondément dans le joint et atteignez les racines. C’est précisément ce qui fait la différence entre un nettoyage superficiel et un résultat qui tient plusieurs semaines.

L’inconvénient est inhérent au mécanisme : vous desserrez inévitablement le matériau de remplissage. Il faut ensuite le remettre en place, et le joint ouvert capte plus facilement les graines transportées par le vent. Sans intervention rapide, les premières nouvelles pousses peuvent apparaître au bout de deux semaines environ.

La brosse à joints en acier : est-ce vraiment efficace ?

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La brosse à joints à poils d’acier est la version plus rapide du grattoir. Sur des joints longs et rectilignes, elle permet d’avancer vite et de couvrir de grandes surfaces en une fraction du temps. En revanche, elle arrache généralement les plantes en surface sans atteindre les racines. Les tiges repoussent en quelques jours seulement.

Conseil : combinez les deux outils. Utilisez la brosse pour l’essentiel du travail, puis passez le grattoir ou le couteau sur les zones récalcitrantes, les angles et les racines. L’effort reste raisonnable et le résultat dure bien plus longtemps.

Allées et entrées sans mauvaises herbes grâce au brûleur thermique

Pour ceux qui préfèrent une approche moins physique, le brûleur thermique est une bonne option. Il fonctionne avec des cartouches de gaz et carbonise les jeunes plantes au contact direct de la flamme. Il suffit ensuite de balayer les résidus. Cette méthode se passe entièrement de produits chimiques et constitue donc une forme naturelle de désherbage.

Le résultat dure plus longtemps qu’avec la méthode purement mécanique, car la chaleur détruit la structure cellulaire de la plante jusqu’à la partie supérieure des racines. Il faut toutefois être patient : les plantes ne tombent pas immédiatement, elles jaunissent d’abord puis se dessèchent sur plusieurs jours. Ne maintenez pas la flamme trop longtemps au même endroit — les pavés supportent la chaleur, mais les éléments en bois et les mastics d’étanchéité, beaucoup moins.

Grand nettoyage de printemps avec le nettoyeur haute pression

Un nettoyeur haute pression s’utilise idéalement plusieurs fois par an, car il nettoie non seulement la surface des pierres, mais rince également les joints. En une seule opération, vous éliminez la mousse, les algues, les salissures incrustées et les jeunes mauvaises herbes. Les surfaces pavées, les dalles de terrasse et les entrées de garage retrouvent souvent l’aspect du neuf.

Important : ce qui est rincé manque ensuite. Il faut donc reboucher les joints — sans quoi la pose se déstabilise progressivement et les nouvelles herbes s’y installent encore plus facilement. Nous verrons dans l’étape suivante quel matériau convient le mieux.

Remplir les joints : sable de quartz ou gravillon fin ?

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On utilise généralement du sable, plus précisément du sable de quartz, après avoir retiré le matériau de remplissage avec les mauvaises herbes. En alternative, le gravillon fin est également adapté. Sa structure à arêtes vives rend plus difficile l’enracinement des jeunes pousses.

Le gravillon ne supprime pas totalement la croissance, mais il faut nettement plus de temps avant que le vert ne réapparaisse. Si vous souhaitez prévenir les mauvaises herbes sur les allées ou entre les dalles, le gravillon est un choix judicieux. Son prix est comparable à celui du sable classique.

Comment se débarrasser durablement des herbes dans les joints de pavés ?

La prévention fait la moitié du travail. Passer régulièrement un balai à poils durs sur les surfaces concernées freine sensiblement la croissance. Le principe est le même que celui des sentiers battus : une friction constante empêche les plantes de s’installer.

Vous balayez également les nouvelles graines avant qu’elles ne tombent dans les joints. Et si des pousses apparaissent malgré tout, vous détruisez les jeunes plants encore fragiles dans le même mouvement. Un rapide coup de balai tous les deux ou trois jours remplace presque toutes les opérations de désherbage intensif.

Pourquoi le vinaigre et le sel sont interdits

Quand on cherche à faire du désherbage des joints avec des produits maison, le vinaigre revient souvent. C’est un aliment, et il agit de façon fiable. Pourtant, il s’agit d’une idée reçue répandue : en Allemagne, il est légalement interdit d’éliminer les mauvaises herbes avec du vinaigre concentré — dilué ou non — sur des surfaces imperméabilisées. La réglementation concernant le vinaigre de table varie selon les régions. Dans les massifs, il modifie l’acidité du sol et nuit aussi aux plantes cultivées.

Sur les pavés, les allées et les terrasses, l’utilisation du vinaigre, du vinaigre concentré, du nettoyant à base de vinaigre — ainsi que du sel — est en principe interdite. La raison : sur les surfaces imperméabilisées, l’acide ne s’infiltre pas dans le sol mais s’écoule avec la prochaine pluie dans les égouts et atteint les stations d’épuration, où il nuit aux micro-organismes qui purifient l’eau. À cela s’ajoutent des taches disgracieuses sur les pierres — et les mauvaises herbes repoussent quand même.

Quelle méthode pour quelle surface ?

Toutes les méthodes ne conviennent pas à toutes les situations. Certaines agissent vite, d’autres sur le long terme, et quelques-unes ne sont adaptées qu’aux petites surfaces. Le tableau comparatif ci-dessous vous aide à choisir la bonne stratégie pour votre terrasse, votre entrée ou votre allée de jardin.

Méthode Action Effort Durabilité
Grattoir / couteau mécanique, avec racines élevé moyen (env. 2 semaines)
Brosse à joints acier superficielle faible courte (quelques jours)
Brûleur thermique thermique moyen plus longue
Eau bouillante thermique, douce moyen plus longue
Nettoyeur haute pression rince les joints moyen moyen (rebouchage nécessaire)
Scellement préventif élevé (une fois) très longue

Désherbage des joints avec de l’eau bouillante

L’eau bouillante est la version plus douce du brûleur thermique. La chaleur tue la plante jusqu’à la racine selon le même principe que la flamme, mais sans feu vif. Avantage non négligeable : le matériau de remplissage reste en place dans le joint, il n’y a rien à rajouter et les pierres restent intactes.

Cette méthode est particulièrement recommandée sur les petites surfaces, par exemple autour des bordures de massifs ou sur les allées dallées. Porter de grandes quantités d’eau à ébullition demande du temps et de l’énergie. Pour les dalles de terrasse ou entre de petits tronçons de pavés, l’eau chaude est en revanche extrêmement efficace et totalement sans risque.

Sceller les joints de pavés — la solution durable

L’idée que le sable de jointoiement reste à jamais exempt de mauvaises herbes peut sembler utopique. Pourtant, il existe une mesure qui résout presque entièrement le problème : le scellement des joints. Le meilleur désherbant pour les pavés et les dalles, c’est en réalité la prévention bien pensée.

Plusieurs matériaux sont disponibles : le classique mortier, les modernes mélanges résine synthétique ainsi que d’autres composés polymères. Le produit adapté dépend du revêtement de sol, de la largeur des joints et des contraintes d’utilisation. Demandez conseil en magasin de bricolage ou auprès d’un professionnel avant de vous décider.

Des joints verdoyants plutôt que des lignes nues — l’alternative végétale

Ceux qui aiment un aspect plus vivant peuvent transformer ce combat contre le vert en une alliance. Il est très tendance de végétaliser volontairement les joints avec de la mousse, du gazon ou même des succulentes. Ces plantes tiennent les mauvaises herbes indésirables à distance en leur volant lumière et espace, tout en donnant un aspect bien plus charmant qu’une surface minérale uniforme.

À noter : les joints végétalisés nécessitent un emplacement adapté à la plante choisie. La mousse aime les endroits ombragés et humides, les succulentes préfèrent les expositions ensoleillées et sèches. En tenant compte de cela, vous obtenez une solution facile à entretenir, agréable à l’œil et qui réduit de moitié le travail de maintenance.

Quel est le bon moment pour entretenir les joints ?

Le moment idéal est le début du printemps, avant que les plantes ne forment leurs graines, ainsi qu’un second passage à la fin de l’été. Travaillez par temps sec, après une légère pluie — le sol est alors assez souple pour que les racines se dégagent facilement sans entraîner trop de matériau de jointoiement.

Celui qui balaie régulièrement et effectue un entretien approfondi une fois par saison garde ses surfaces propres avec un minimum d’effort. C’est bien plus agréable que de s’attaquer à une terrasse entière avec le grattoir après un été de négligence.

Questions fréquentes sur le désherbage des joints

Le vinaigre dilué est-il vraiment interdit lui aussi ?

Oui. Sur les surfaces imperméabilisées comme les allées pavées, les terrasses et les entrées de garage, l’utilisation du vinaigre, du vinaigre concentré et des nettoyants à base de vinaigre contre les mauvaises herbes est en principe interdite — quelle que soit la concentration. L’acide rejoint les stations d’épuration via les égouts et nuit aux micro-organismes qui purifient l’eau. Pour le vinaigre de table utilisé dans les massifs, les réglementations varient selon les régions. Pour être sûr de ne pas enfreindre la loi, privilégiez les méthodes mécaniques ou thermiques.

À quelle fréquence faut-il nettoyer les joints de pavés ?

Un nettoyage approfondi au nettoyeur haute pression ou au grattoir suffit généralement une à deux fois par an — idéalement au printemps et à la fin de l’été. Entre les deux, un balayage régulier avec un balai dur suffit pour évacuer les nouvelles graines et détruire les pousses dans l’œuf. L’utilisation de gravillon plutôt que de sable comme matériau de jointoiement allonge sensiblement les intervalles, car les racines ont plus de mal à s’y accrocher.

Quel sable de jointoiement empêche le mieux les mauvaises herbes ?

Le sable de quartz classique est bon marché et facile à mettre en œuvre, mais les plantes y reprennent pied assez vite. Le gravillon fin à grains à arêtes vives freine nettement la croissance des racines et coûte à peine plus cher. Pour une solution définitive, optez pour un mortier de jointoiement polymère ou un scellement — les joints restent alors pratiquement sans herbes pendant des années, même si l’investissement initial est plus élevé.

Peut-on utiliser de l’eau bouillante sur tous les types de pierres ?

Sur les pavés en béton, en granit et la plupart des pierres naturelles, l’eau bouillante ne pose aucun problème. Soyez prudent avec les pierres naturelles sensibles comme le marbre ou sur les surfaces fraîchement jointoiées, car la chaleur et l’humidité peuvent y provoquer des microfissures. En cas de doute, testez d’abord la méthode sur une zone peu visible. Sur de petites surfaces, l’eau chaude est l’une des techniques les plus douces et les plus efficaces — sans produit chimique ni flamme vive.

Un nettoyeur haute pression abîme-t-il les pavés ?

Pas s’il est utilisé correctement. Maintenez une distance suffisante et déplacez le jet de façon régulière, sans le concentrer trop longtemps au même point. Ce qui souffre réellement, c’est le matériau de jointoiement : le sable est rincé et doit être remis en place ensuite. Prévoyez donc cette étape et ayez du sable de quartz ou du gravillon à portée de main avant de démarrer le nettoyeur haute pression.

La méthode qui vous convient le mieux dépend en fin de compte de la surface, du temps dont vous disposez et de vos exigences esthétiques. Une combinaison de balayage régulier, de brûlage ou d’eau bouillante occasionnel et d’un matériau de jointoiement de qualité vous mènera très loin. Ceux qui veulent en finir définitivement avec le problème peuvent envisager un scellement — ou opter pour une touche de verdure en végétalisant délibérément les joints avec de la mousse, du gazon ou des succulentes entre les dalles et les pavés.

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