Maladie de Parkinson : pourquoi les femmes fumeuses courent un risque moins élevé ?

Auteur: Claire Xavier

Une maladie neurodégénérative qui évolue lentement et qui affecte gravement la qualité de vie, la maladie de Parkinson ne touche pas les hommes de la même façon que les femmes. En effet, ces derniers sont 1,5 fois plus atteints que les dames et de plus, chez eux, la progression de la maladie se veut plus rapide. Mais ce n’est pas la seule différence entre les sexes. Il en ressort que les femmes qui fument courent un risque moins élevé par rapport à leurs homologues masculins. Ce phénomène s’explique par le rôle protecteur des œstrogènes et il a fait l’objet d’une étude américaine. Décryptage.

Maladie de Parkinson et femmes fumeuses : le rôle protecteur des œstrogènes

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Grâce à des études épidémiologiques précédentes, on savait que les fumeurs chroniques présentaient un risque diminué de développer cette maladie neurodégénérative. Pourtant, le mécanisme d’action précis est resté mal compris. Compte tenu que le tabac et sa fumée contiennent une grande quantité de plusieurs composés chimiques néfastes, en particulier la nicotine, ce phénomène semble encore plus bizarre. Pour en savoir plus, des scientifiques américains de l’Université du Texas A&M se sont intéressés particulièrement au rôle protecteur de la nicotine. Leurs résultats ont paru le 23 décembre 2020 dans le Journal of Neurochemistry.

Pour étudier cette dernière, ils ont effectué des tests sur un médicament destiné au sevrage tabagique dont l’effet est pareil ou proche à celui de la nicotine. Il s’agit de la cytisine qui se lie aux récepteurs, mais ne les stimule pas de la même façon efficace que la nicotine. Plus précisément, elle tient les récepteurs occupés et chaperonnés sur la surface des neurones. Ce phénomène était également observé chez des souris artificiellement « contaminés » par la maladie de Parkinson et qui ont reçu soit une solution saline soit le médicament susmentionné.

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Après avoir réalisé une série d’essais pour évaluer l’action de la cytisine sur les signes de la maladie de Parkinson, les scientifiques ont constaté que le médicament joue un rôle protecteur. Il pouvait diminuer non seulement les symptômes, mais aussi le nombre des neurones dopaminergiques perdus. Ce qui est surprenant, c’est que cet effet était identifié uniquement chez les souris femelles. Les scientifiques l’expliquent par la combinaison des œstrogènes avec la cytisine. Cependant, le rôle précis de ces hormones dans la protection contre la maladie, reste encore à déterminer.

À découvrir l’étude dans le Journal of Neurochemistry

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